Un oiseau migrateur se pose sur les sites de nos anciens champs de bataille. Mémoires, histoires de vies, espoirs, victoires et défaites. La femme-cigogne, incarnée par Naïsiwon El Aniou, nous conduit sur les traces des guerres d’hier et d’aujourd’hui.
En suivant les migrations de la Cigogne Noire, on survole les plaines d’ici et d’ailleurs, depuis l’Afrique du Sud jusqu’en Sibérie. L’oiseau porte l’augure et le souvenir de tous ses passages, reçoit les sons de notre passé, les chante au présent, les reconnaît , les réinvente.” Ciconia nigra est un projet qui se bâtit au fil de ce trajet migratoire, avec plusieurs haltes qui ouvrent des fenêtres sur différents univers.
Ciconia nigra 1 est la première pièce de ce projet, basée sur des films tournés en “zone rouge” sur les villages détruits près Verdun en 2006. Dans cette première halte sur les sites mémoriaux de la Meuse, la cigogne nous parle de ses rencontres, elle se fait ici témoin des existences humaines. Les villages détruits, la guerre, les hommes et femmes disparus, les enfants suspendus au cours abrupt de l’histoire, elle les découvre de son oeil d’oiseau rare et étranger à chaque halte. Un temps passé est le temps d’aujourd’hui. Le village d’ici est celui d’ailleurs. Elle arrive, repart, revient, repart encore... La cigogne noire, comme les passeurs de mémoire risque l’oubli et survit comme espèce menacée. Allégorie des ombres... c’est ce combat qu’elle livre dans la résonance des guerres humaines.
5, passage de Thionville 75019 Paris