« C’est un Feydeau policier! » lance Lilo Baur qui revient à la Comédie-Française pour une septième mise en scène avec une pièce méconnue, une pépite à découvrir dans l’immense œuvre littéraire d’Agatha Christie. Créée à Londres en 1952, La Souricière (The Mousetrap) offre le plaisir de retrouver au théâtre tous les ressorts du genre policier qui ont fait la renommée de la Reine du crime.
Le décor annonce immédiatement le cadre de l’enquête à venir: une auberge retirée, tout récemment ouverte par un jeune couple, un jour de tempête de neige qui oblige les clientes et les clients à arrêter leur taxi au bout du chemin et à porter leurs valises jusqu’à l’entrée. À la radio, les actualités annoncent un meurtre, le suspect est identifiable à son manteau sombre, son écharpe claire et son chapeau de feutre : vêtements d’un ordinaire confondant, d’ailleurs portés par l’ensemble des hôtes à leur arrivée. La neige tombe de plus en plus quand un inspecteur arrive à ski: une carte de l’auberge a été retrouvée sur le lieu du crime avec une note griffonnée annonçant d’autres meurtres à venir. Malgré les précautions prises, un cri retentit, l’atmosphère se tend à la découverte du corps sans vie de Madame Boyle ; heureusement l’inspecteur Trotter prend les choses en main.
La nouvelle traduction de la pièce, signée par Serge Bagdassarian et Lilo Baur, s’attache à respecter les savoureux niveaux de langues qu’Agatha Christie aimait travailler pour rehausser une diversité de classes sociales et de personnalités hautes en couleur. La metteuse en scène a été particulièrement conquise par le rythme soutenu des répliques et des incessantes entrées et sorties des personnages. Et elle rêve déjà au plaisir de la Troupe et du public se laissant surprendre par le suspens sans nul autre pareil de ce polar théâtral.
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