Pierre sait qu'il aime Papillon. Et Papillon sent bien qu'elle aime Pierre. Sauf que ce n'est jamais vraiment au même moment...
Pourtant, Pierre et Papillon se croisent partout, tout le temps : enfants, ados, adultes, célibataires, en couple... Ils s'amusent, se surprennent, s'entrechoquent, se font rire, se déchirent, se rassurent, se retrouvent, se quittent... Mais ne s'oublient jamais ! Bref, ils s'aiment, c'est évident ! Il leur suffirait juste de s'aimer au même moment... Juste un instant.
Une comédie romantique moderne et inattendue où l'amour se faufile dans un labyrinthe.
Le projet de départ a tout de suite été de monter une comédie romantique. Par son écriture, sa sensibilité et sa dramaturgie éclatée, Pierre et Papillon correspondait en tous points à ce que nous recherchions : une comédie sur une histoire d’amour mais qui éviterait les deux écueils principaux du genre, la romance faussement idyllique et le cynisme désabusé.
En effet, avec une approche fine, délicate et précise, Murielle Magellan trouve dans cette pièce le ton parfaitement juste et offre aux comédiens un merveilleux espace de jeu et de création. Car l’histoire de la pièce repose sur un rendez-vous sans cesse manqué entre deux êtres que tout oppose dans la forme mais qui, dans le fond, sont faits l’un pour l’autre. Sauf que quand l’un est prêt pour la rencontre, l’autre ne l’est pas. Et quand l’autre est prêt, le premier de l’est plus...
Pierre et Papillon, comme leurs nom et pseudonyme l’indiquent, sont donc a priori diamétralement opposés. D’un côté, un homme précis, rigoureux voire rigide ; de l’autre une femme souriante, libre en apparence et inconséquente. Dans le monde de Pierre, rien ne semble devoir être laissé au hasard, à l’aventure et à la surprise ; tandis que Papillon se laisse porter au gré de ses rencontres amoureuses, d’un univers à l’autre, « papillonnant », au sens propre du terme.
Il s’agissait donc, dans le travail de direction d’acteur, de nous focaliser sur l’énergie spécifique de ces deux personnages mais aussi sur leur profondeur psychologique. Ils ont des failles, des fêlures, des traumas ; ce sont des personnages fragiles qui se sont fabriqués des carapaces sociales pour se protéger des autres.
Finalement, tout se passe comme si Pierre et Papillon pouvaient vivre ensemble et être heureux s’ils ne se posaient pas sans cesse de mauvaises questions ; s’ils arrêtaient de se regarder agir ; s’ils acceptaient enfin de se laisser porter par l’imprévu. Dès que cela devient cérébral, dès qu’ils verbalisent les choses, tout s’écroule. À ce titre, Pierre et Papillon auraient peut-être pu vivre une vie simple et épanouie s’ils étaient restés des enfants (au sens propre voire au sens littéral du terme d’in-fant, « celui qui ne parle pas »). C’est le monde des adultes, le monde de ceux qui parlent et qui doivent se trouver une place et un statut social qui les empêche de vivre pleinement leur amour et de se révéler à eux-mêmes.
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