Les mots peuvent mentir, pas les corps.
Retrouvailles, rêveries, histoires d’amour…
Note d’intention
Notes de mise en scène
Au retour d'un long voyage, Julie doit faire face à une réalité qu'elle avait brusquement quittée : Samuel. Ce dernier, frustré par cette rupture inattendue et inacceptable mais décidé à faire valoir ses sentiments, doit parallèlement affronter sa récente relation avec Adèle ; amoureuse et obnubilée par ce retour qu'elle sait si compromettant pour son couple. Ornélia et Nino, vivent quant à eux une relation passionnelle que l'incapacité à communiquer rend déchirante. Théodore, ami et confident de Julie vient compléter ses retrouvailles. Dès lors, le banquet peut commencer pour laisser place aux rêves et à l'inconscient.
Les personnages se retrouvent peu à peu confrontés à leur complexité inconsciente, mais à leur réveil seront-ils capables d'accepter ces révélations qui pourraient modifier le cours de leurs existences ?
Ecrit et mis en scène par la compagnie 6je.
Pourquoi vouloir toujours formuler un discours alors qu’un regard, un sourire en dirait davantage.
A partir d'un travail corporel, il nous est apparu nécessaire de faire prendre conscience de l'importance du corps et de ses significations, souvent plus instinctives et profondes, que la formalisation d'un discours peut l'être.
Bien que l'on ait tendance à oublier la valeur de nos gestes au détriment d'un système construit sur l'image et la parole, il ne s'agit pas, pour nous, ici, de donner des réponses-clés, mais plutôt d'envisager un monde ou l'intuition, les désirs profonds et les sens seraient mis en évidence comme une forme d'universalité.
Jeu
La pièce adopte un jeu réaliste et intimiste, plus proche du cinéma que des formes d’expressions théâtrales classiques. Ce type de jeu nous permet de plonger dans l’intimité des personnages.
Un jeu expressionniste, parfois chorégraphié, interrompt le réalisme du spectacle pour immiscer le spectateur dans un monde décalé.
Discours dramatique
La pièce est rythmée par l’alternance de deux types de récit : l’un réaliste, l’autre onirique.
Les scènes réalistes installent le récit à travers la rencontre des personnages ; l’univers onirique interrompt le cheminement de l’histoire et plonge le spectateur dans une dimension surréaliste où les personnages se confrontent à leurs désirs profonds et inavoués, à leurs peurs occultées. Enfin, la réalité reprend son cours pour laisser place aux dénouements amoureux.
Le langage employé est contemporain et familier. Il nous sert à mettre en évidence le réalisme des scènes.
Travail du corps
Il prédispose la représentation scénique à se revêtir d’une qualité supplémentaire, celle de la valorisation du mouvement. Ce travail chorégraphié permet l’accès direct à l’imaginaire des protagonistes.
Sous la direction de Marie Ocard, ce travail nous a permit de soutenir les intentions discursives des propos de la pièce qui mettent en évidence le moment du jeu où il s’agit de « dépasser les mots par la gestuelle. »
Décor
Un champ, un arbre, un banc, ce lieu se définit comme « l'espace des possibles » dans la mesure où il ne fait aucune référence historique et n'implique aucune caractéristique géographique précise. Ce lieu confère donc au récit une dimension plus vaste, humaine et universelle.
Costumes
Les vêtements inspirés des tenues du début du 20ème siècle évoquent la saison du déroulement de l’histoire.
Des vêtements larges et amples favorisent le passage du souffle du vent au travers des tissus légers.
Le symbolisme des couleurs nous amène à découvrir les combinaisons possibles entre les individus, tout en nous indiquant les prédispositions caractérielles des personnages.
Lumière et son
La lumière s’adapte à la continuité de la journée, le jour étant caractérisé par des éclairages chauds et la nuit par des éclairages froids.
Le monde onirique s’installe à travers différents jeux de lumières et des ambiances sonores surréalistes.
La musique tient un rôle fondamental ; elle intervient de manière récurrente tout au long de la pièce pour accompagner la partie chorégraphique. Certaines scènes sont également soutenues par une bande sonore qui met en évidence l’univers installé. La lumière fut mise au point par Stéphane Charles.
3, rue Clavel 75019 Paris